Préambule

Depuis plus de 12 ans, j’occupe le poste de responsable marketing et communication chez Starterre, distributeur automobile indépendant dont le siège est basé au sud de Lyon. Douze années durant lesquelles l’entreprise, longtemps restée un « sous-marin », a traversé des crises majeures - gilets jaunes, pandémie de COVID-19, guerre en Ukraine, pénuries de composants - tout en cherchant à se réinventer sans jamais renier ce qui fait sa singularité : des valeurs humaines fortes exprimées de manière simple par son fondateur, le « bon sens paysan ». C’est dans ce contexte que j’ai été amené à concevoir, déployer et piloter une stratégie de communication éditoriale pour Starterre. Une stratégie qui, pour être crédible, devait s’enraciner dans l’identité même de l’entreprise. Ce sera le fil conducteur de ce mémoire.

L’arrivée de l’intelligence artificielle générative dans mes pratiques de communication a profondément transformé mon quotidien et celui de mon équipe. Si je l’ai d’abord considérée avec enthousiasme, en l’intégrant progressivement à nos processus de production éditoriale, la démarche de VAE m’a conduit à poser sur ces évolutions un regard plus nuancé grâce à l’apport des Sciences de l’Information et de la Communication. De cette confrontation entre pratique professionnelle et réflexion académique est née la question centrale de ce mémoire :

Comment l’alignement d’une stratégie de communication éditoriale sur les valeurs d’une entreprise peut-il devenir un levier de différenciation durable et un guide pour le communicant face aux évolutions de son métier à l’ère de la digitalisation et de l’intelligence artificielle ?

Pour y répondre, ce mémoire s’articule en trois parties. La première pose le contexte en retraçant l’histoire de Starterre et mon parcours, des premiers succès aux crises successives qui m’ont amené à repenser notre communication. La deuxième partie détaille la mise en œuvre de la stratégie éditoriale jusqu’à l’arrivée de l’IA tout en conservant, en fil rouge, les valeurs de Starterre. La troisième partie propose un changement de focale, une mise en perspective critique. En confrontant mon expérience à la recherche académique, j'y interroge des enjeux plus vastes : la transformation des métiers de la communication, la souveraineté technologique et la dimension éthique du déploiement massif de l'IA.